France Rivet, B.Sc.

France Rivet, B.Sc.

Une nouvelle mission de vie

Au printemps 2007, lorsque France Rivet a dit au revoir à sa carrière de 23 ans en consultation informatique, certains de ses collègues pensaient qu’elle était tombée sur la tête. Abandonner un contrat pour partir laver de la vaisselle sur une île inhabitée de l’Arctique canadien était insensé selon eux. Mais France savait que le temps était venu de laisser son désir d’aventure et de découverte, ainsi que sa fascination grandissante pour les régions polaires, prendre le contrôle

France rêvait de voir l’Arctique depuis de nombreuses années, mais ce n’est qu’en 2005 qu’elle a posé le pied au-delà du cercle polaire arctique pour la première fois, sur l’île Somerset (Nunavut). Le soleil de minuit, les sorties en kayak au milieu de centaines de bélugas, l’immensité du paysage et la situation imprévue de rester bloquer sur l’île pour plus d’une semaine (l’envoi d’un courriel à ses collègues disant qu’elle ne pouvait pas se présenter au travail a été un si grand plaisir!), ont tous joué un rôle à faire de ce voyage une expérience qui a changé le cours de sa vie. France ne le savait pas encore, mais elle venait d’attraper la piqûre du Grand Nord. Tant et si bien que, l’année suivante, à l’été 2006, elle est retournée en Arctique. Cette fois, au Svalbard, un archipel de la Norvège où elle s’est retrouvée au milieu de la banquise au-delà du 82e parallèle, à moins de deux jours de navigation du pôle Nord.

Ces deux premiers voyages au-delà du cercle polaire arctique lui font réaliser à quel point le manque d’informations, de ressources et d’offres de services est flagrant pour les Canadiens français qui désirent visiter ou simplement mieux connaître les régions polaires. Puis, en novembre 2006, une citation de l’ethnologue français Paul-Émile Victor lui donne une gifle en plein visage :

 « L’aventure est un état d’esprit. Elle se trouve dans le cœur de l’homme. L’aventure, c’est être capable de refuser son destin, être prêt à partir à tout moment, concevoir encore et toujours de nouveaux projets, ne pas être assis, c’est en un mot vivre sa vie et la construire. »

C’est à cet instant précis que France prend la décision de mettre fin à sa carrière d’informaticienne pour se dédier à mieux faire connaître le Grand Nord! Quelques mois plus tard, en mai 2007, est né Horizons Polaires.

Les débuts d'Horizons Polaires

Durant les premières années, France s’est concentrée à partager les images et les aventures qu’elle a rapportées de l’Arctique. Elle apprend à créer des expositions : L’île Somerset : au pays des fantômes blancs, Paysages du Grand Nord et Regards sur la faune arctique. Elle visite des écoles primaires d’où elle ressort avec une énergie renouvelée par l’excitation des enfants et leurs innombrables questions. Elle passe plusieurs heures à fabriquer des cartes artistiques avec des photos soulignant les beautés du Nord et de la nature.

Renouer avec sa passion pour la recherche historique

Puis, en 2009, lors d’une croisière le long de la côte du Labrador, France entendit parler d’Abraham Ulrikab, l’un des huit Inuits du Labrador qui partit pour l’Europe en 1880 afin d’y être exhibé dans des zoos. À ce moment, France ne se doutait nullement que, bientôt, elle entreprendrait d’investiguer cette histoire qui a coûté la vie à tous les membres du groupe. Elle se doutait encore moins que c’est à elle que le Muséum national d’histoire naturelle à Paris dévoilerait la présence des squelettes de cinq des Inuits dans ses réserves. Suite à cette annonce, sa recherche qui ne devait être qu’une activité à temps partiel devient un travail à temps plein et permet à France de renouer avec son intérêt de longue date pour la recherche généalogique et historique.

Horizons Polaires devient éditeur

Quatre années et trois voyages de recherche en Europe plus tard, en 2014, cette enquête a permis à France d’écrire son premier livre, et à Horizons Polaires de publier de ses deux premiers titres :

  • Voyage avec les Eskimos du Labrador, 1880-1881, la traduction en français du journal de Johan Adrian Jacobsen (la personne qui a recruté Abraham et sa famille), et
  • Sur les traces d’Abraham Ulrikab, le livre qui consolide toutes les informations recueillies par France, dévoile la vérité sur le sort réservé aux restes des Inuits et agit comme un catalyseur pour que le vœu exprimé d’Abraham de rentrer au Labrador puisse éventuellement devenir réalité.

Un film documentaire « Piégés dans un zoo humain »

La recherche de France et l’histoire d’Abraham est mise en lumière dans le documentaire Piégés dans un zoo humain : d’après le journal d’Abraham Ulrikab, une production de PIX3 Films, diffusée sur TV5 (au Canada) et sur la chaîne Histoire (en Europe). La version anglaise a été diffusée sur le réseau CBC dans le cadre de l’émission The Nature of Things with David Suzuki.

Aux Prix Écrans canadiens 2017, le documentaire est finaliste pour la Meilleure émission ou série documentaire sur la science ou la nature alors que France est finaliste pour le Prix Barbara Sears de la meilleure recherche éditoriale (TV).

La jonction de ses expériences passées et de ses passions

En rétrospective, France s’est rendu compte que toutes ses expériences passées l’ont préparée pour ce qu’elle vit aujourd’hui. Aussi loin qu’elle se souvient, France a toujours montré un intérêt dans le domaine des communications. Les bulletins publiés par ses écoles, par ses employeurs, ou par les diverses organisations sociales auxquelles elle a appartenu, ont tous bénéficié de ses écrits ou de ses photographies.

La passion de France pour l’histoire et la généalogie l’a amenée à faire du bénévolat pendant plus de 15 ans pour la Société de généalogie de l’Outaouais. En reconnaissance de sa précieuse contribution bénévole, la Fédération québécoise des sociétés de généalogie lui a décerné, en 2009, la médaille Renaud-Brochu pour son engagement exceptionnel à la généalogie dans la province.

France a toujours démontré un grand intérêt à être impliquée dans sa communauté. Elle a été une membre active du Club de photographie Polarisé de l’Outaouais pendant plusieurs années. Elle a siégé au conseil d’administration de la Fédération québécoise de la marche, de l’Association Québec-France (section de l’Outaouais) et de l’association The Arctic Circle à Ottawa. Elle a été bénévole pour les programmes scolaires du Musée canadien de la nature ainsi que pour son département de botanique où elle a aidé à monter des spécimens de plantes pour l’Herbier national du Canada.

À l’automne 2014, France a été élue au Collège des membres titulaires (Fellows) de la Société géographique royale du Canada.

La nouvelle mission d'Horizons Polaires

Pour les prochaines années, Horizons Polaires entend concentrer ses efforts au niveau de la recherche historique permettant ainsi à la communauté inuite de redécouvrir une partie de son histoire qui se cache dans les archives, et contribuant ainsi aux processus de réconciliation et de guérison. 

« Les Canadiens ont le droit, le devoir et la responsabilité de savoir ce qui nous est arrivé. Notre histoire n'est pas uniquement une histoire inuite, c'est une histoire canadienne. C'est pourquoi j'insiste toujours sur le fait que tous les Canadiens ont le droit de savoir ce qui nous est arrivé. Nous devons travailler ensemble à la guérison et à la réconciliation. Nous travaillerons en équipe pour le mieux-être de notre population.  »
Piita Irniq, 2017-03-02
, Ottawa

 

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