Join us / Suivez-nous

Polar Horizons’ Newsletter

Get the latest on our polar adventures. Don’t wait! Subscribe today.

Infolettre d’Horizons Polaires

Recevez les dernières nouvelles à propos de nos aventures polaires. Inscrivez-vous aujourd’hui!

Categories / Catégories

Archives

Soirée boréale 2011. Nunavut : terre de cultures et d’aventures.

[facebook_ilike]

Vendredi dernier, les Brasseurs du Temps de Gatineau accueillaient l’édition 2011 des Soirées Boréales organisées par l’organisme Carrefour Nunavut. Pour cette 7e édition, la toute première à se dérouler en Outaouais, la soirée avait été placée sous le thème Nunavut: terre de cultures et d’aventures. C’est devant une salle comble que se sont produits les artistes et aventuriers venus partagés avec nous leur culture et/ou leur passion pour ce territoire nordique.

La soirée, animée par Marie Belleau, une jeune inuk qui étudie présentement en droit, a débuté par la cérémonie du qulliq, une lampe à l’huile taillée dans la pierre de savon et traditionnellement utilisée par les inuits pour s’éclairer, se chauffer, cuisiner, etc. Le gras de divers animaux (baleines, phoques, caribous, morses, poissons, …) était utilisée comme combustible.

Ce fut ensuite au tour de Daniel Cuerrier, le directeur général de Carrefour Nunavut de nous dresser un portrait général du Nunavut et de nous présenter les efforts et initiatives qui sont déployés par la communauté francophone. Plusieurs ont été surpris d’apprendre que 24,000 inuits, 5,000 anglophones et 1,000 francophones partagent ce territoire (qui couvre 20% de la superficie du Canada) avec plus d’un million de caribous! Le Nunavut est également fier d’être le premier à avoir fait ratifier une loi sur les langues officielles instaurant un régime trilingue où l’inuktitut, l’anglais et le français sont traités de façon égalitaire.

À divers moments de la soirée, une quinzaine d’étudiants du programme Nunavut Sivuniksavut nous ont présentés des chants, des danses et des démonstrations de jeux inuits. Tous ces jeunes inuits originaires du Nunavut sont à Ottawa pour suivre un programme d’études collégiales d’une durée de 8 mois où ils étudient l’histoire inuite, les organismes, les revendications territoriales ainsi que divers autres sujets leur permettant de se préparer à leur future carrière au Nunavut. Plusieurs d’entre nous avons été impressionnés par l’agilité et la force des jeunes hommes démontrant des jeux tels le one-foot high kick, la bataille des boeufs musqués ou l’avion. Traditionnellement, ces jeux ont été conçus afin de développer les habilités nécessaires à la survie dans la toundra.

Côté tourisme culturel et d’apprentissage, le photographe montréalais Simon Couturier nous a présenté quelques images de son séjour à Kimmirut, effectué en février 2011. Pour Simon, ce premier séjour au Nunavut, a été marqué par de belles rencontres avec des gens passionnés, des aurores boréales et la lumière sublime qui y sévissait, malgré les maigres 5 heures d’ensoleillement.

Simon fut suivi de l’aventurier polaire Paul Landry, franco-ontarien d’origine, devenu guide d’aventure au Nunavut depuis l’âge de 24 ans. Aujourd’hui à la retraite, et vivant en plein coeur de Montréal, M. Landry ne peut s’empêcher de retourner au Nunavut tous les printemps, lui qui a habité Iqaluit pendant 15 ans, et y a élevé ses deux enfants Sarah et Eric McNair-Landry. C’est lors de son tout premier séjour à Iqaluit que M. Landry attrape la piqûre du Nord. En débarquant de l’avion et en apercevant la neige et les gens avec leurs vêtements en peaux de caribous, il sait que son monde vient de changer, qu’il veut désormais partager cette culture. M. Landry a eu la chance de faire des expéditions tant en Antarctique qu’au Pôle Nord mais personne n’habite ces lieux mythiques! Ce qui l’amène à revenir encore et toujours au Nunavut c’est l’amour qu’il porte au peuple inuit, un peuple si chaleureux, dont la relation avec la Terre et avec le caractère sauvage de leur environnement est si spéciale. Il nous explique qu’à cotoyer les inuits, un tas de roches qui peut nous sembler insignifiant devient une place vivante de par les histoires qui y ont été vécues. Ici, l’endroit où un chasseur a tué son premier ours, là où son premier enfant est né. Oui, il fait froid et l’été y est court mais en été la tundra est si vivante de couleurs et de plus, c’est le paradis pour le snowkite. Il n’y a pas d’arbre! On peut aller partout!! M. Landry a terminé sa présentation par le visionnement d’un vidéo racontant l’ascension du Mont Barbeau sur l’île d’Ellesmere, la plus haute montagne du Nunavut et le plus haut sommet en Amérique du Nord situé à l’est des Rocheuses.

(Note : Sarah et Eric McNair-Landry suivent les traces de leurs parents, tous deux aventuriers polaires. Ces jours-ci, ils entreprennent un périple jusqu’ici jamais tenté: la traversée du Passage du Nord-Ouest en kite-surf. Un périple de 3000km sur 75 jours.)

La dernière partie de la soirée était dédiée aux artistes de la scène. La chanteuse inuite Celina Kalluk, Ben Jammin (chanteur de Human BeatBox ayant parcouru 40 villages nordiques et pour qui les chants de gorge sont une source d’inspiration. À noter que pour l’occasion, il s’était fait rasé le mot “boréale” sur la tête) accompagnés par le musicien Mark Griggs nous ont fait découvrir un mélange de tradition et de modernité. Il m’avait été donné d’entendre des chants de gorge traditionnels à diverses reprises mais cette fois-ci, l’expérience était bien différente et agréablement surprenante. C’était une première collaboration pour les trois bien que Célina et Ben Jammin avaient eu la chance de travailler ensemble par le passé.

Célina est originaire du petit hameau de Resolute Bay, la deuxième communauté la plus septentrionale du Canada. Elle nous a raconté que grandissant elle entendait sa mère et sa grand-mère chanter constamment. Toutefois, pour ce qui est des chants de gorge, ils étaient généralement interprétés derrière des portes closes. Celina tremblait tellement elle était nerveuse de demander à sa tante de lui apprendre ces chants. Celle-ci a accepté et Celina s’est mise à pratiquer toutes les fins de semaine. Il y avait tant de nouveaux muscles à apprendre à utiliser. Aujourd’hui, Celina est mère de 3 fillettes et toutes connaissent les chants de gorge. Le maringouin, la mélodie du vent, le chiot n’ont donc plus de secrets pour elles!

Pour vous donner une meilleure idée du spectacle auquel nous avons eu droit, voici un vidéo de l’adaptation de Celina du chant que son grand-père interprétait lorsqu’il entrait de la chasse. Elle est accompagnée de Ben Jammin et de Randy Kataluk au tambour.
http://www.youtube.com/watch?v=n-0ispzO644&NR=1

Voici quelques liens qui vous permettront d’en savoir un peu plus les artistes de cette mémorable soirée :

Entrevue avec Marie Belleau publiée dans la revue le Toît du monde de l’automne 2006.

Entrevue avec Celina Kulluk en compagnie de sa cousine, la chanteuse inuite Tanya Tagaq Gillis.

Vidéo de Ben Jammin qui improvise en compagnie d’une aînée inuite.
http://www.youtube.com/watch?v=PMJdSLLPBfU

Sympathique vidéo d’un jeune beat-boxer et de femmes inuites qui partagent sur leurs différentes techniques de chants.

Leave a Reply

You can use these HTML tags

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>