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La ruée vers l’or du Klondike (partie 2) : le Canyon Miles et les rapides du Cheval-Blanc

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English version of this post.

Pour prendre connaissance de la partie 1 de cette série : sur la trace des chercheurs d’or.

Poursuivons donc notre périple voulant suivre la trace des dizaines de milliers de prospecteurs d’or qui se sont rués vers le Klondike.

Partis du Lac Bennett où ils se sont construits des radeaux/bateaux pour transporter leurs biens et matériel, les voici maintenant rendus sur le fleuve Yukon. Avant d’arriver à White Horse (à l’époque le nom s’écrivait en deux mots), les prospecteurs devaient affrontés l’un de leurs plus grands défis du parcours fluvial: traverser le Canyon Miles puis les rapides du Cheval-Blanc (qui tiennent leur nom du fait que les forts remous évoquaient la crinière de chevaux blancs). Dans son journal, J.-Arsène Simard, un prospecteur de la région de Charlevoix au Québec, écrit :

le rapide du cheval blanc est un endroit qui fait se dresser les cheveux sur la tête et qui nous donne la fièvre.

Lorenzo Létourneau dans son journal du 29 juin 1899 (publié sous le titre 17 Eldorado : Le journal d’un chercheur d’or au Klondike 1898-1902) donne une description plus détaillée de leur expérience :

Un officier de la police montée prend charge du chaland pour le descendre jusqu’en bas du rapide du Cheval-Blanc. Il nous ordonne de débarquer 5 ou 6 mulets pour alléger. Quatre hommes qui sont sur la côte s’offrent de nous aider et nous les plaçons aux rames. Rousseau et moi sommes sur l’aviron d’avant – en tout 8 à bord. Quelques minutes plus tard nous faisions face à l’entrée du canyon qui paraît avoir à peine quelques pieds plus large que notre bateau et où l’eau engouffre en tourbillonnant avec un bruit qui me glace le sang dans les veines. L’officier crie à tue-tête et nous franchissons l’entrée aussi vite que l’éclair et ballottés en tous sens. Il nous faut tenir en plein milieu, sinon nous frapperions certainement les parois du canyon, qui nous briseraient en aiguillettes. Ce canyon a un mille et demi de longueur et je ne crois pas que nous ayons pris plus que deux minutes à le franchir.

Restait le rapide du Cheval-Blanc, une couple de milles plus bas que le canyon. C’est un peu moins impressionnant que ce dernier, mais il est encore plus dangereux parce qu’à l’endroit le plus difficile il y a une roche à fleur d’eau en plein milieu du chenal. L’officier nous a dit que plusieurs s’étaient noyés en frappant ce rocher. Plusieurs charges de provisions ont péri, et deux chalands chargés dont nous apercevons encore les débris sur le rivage.

Lorenzo a eu la chance de passer plus d’un an après la horde des 7,000 radeaux. Parmi les premiers bateaux arrivés au Canyon Miles à la fin mai 1898, ce n’est pas moins de 150 d’entre eux qui ont été détruits dans le canyon et 5 hommes y ont perdu la vie. Aussitôt, la Police à cheval du Nord-Ouest est intervenue pour s’assurer que seuls des bateaux sécuritaires avec des pilotes compétents puissent tenter de traverser le canyon ainsi que les rapides situés quelques milles plus loin. Il faut se rappeler que la construction de ces embarcations était assez rudimentaire et on en retrouvait de toutes les formes et grosseurs imaginables. De plus, puisque le bois utilisé n’avait pas été séché ni traité, la majorité était au prise avec des fuites d’eau.

Plusieurs prospecteurs ont opté pour portager leurs biens sur le côté nord des rapides mais dès juin 1898, une autre alternative s’est présentée: un tramway offrant aux prospecteurs de transporter leurs effets en attendant que leur embarcation puisse être conduite à bon port par un pilote d’expérience. Le coût du transport par tramway : $0.03 la livre. Canyon City, aujourd’hui disparue, s’est développée sur les rives du fleuve au point de départ du tramway alors que les premiers peuplements de White Horse se sont développés au point d’arrivée.

Les abords de la rivière Yukon juste avant l'entrée du Canyon Miles. Les prospecteurs arrêtaient leur embarcation le long des rives en attendant qu'un pilote prenne la relève.

Vue générale sur le Canyon Miles

Vue du Canyon Miles et de ses falaises de basalte

De nos jours, en regardant le canyon rien ne laisse présager la fureur du torrent de jadis. Dans les années 50, lorsque la centrale hydroélectrique de Whitehorse a été construite (pour alimenter en électricité la presque totalité du Yukon), les rapides ont été submergés et le lac Schwatka (situé entre le Canyon Miles et les rapides du Cheval-Blanc) a fait son apparition.

Vue sur le Lac Schwatka (en direction du Canyon Miles)

Voici une photo prise le 5 mai, au début de mon séjour, alors que le lac Schwatka était encore sous l’emprise de la glace.

Vue sur le Lac Schwatka (juste avant d'accéder au barrage de Whitehorse)

Ce lac a été nommé en l’honneur de Frédérick Schwatka, un lieutenant de l’armée américaine et explorateur qui, en 1883, a été envoyé en mission de reconnaissance sur le fleuve Yukon. Quinze ans avant la ruée vers l’or, avec son équipe, il a traversé le col Chilkoot, a construit une embarcation et a parcouru le fleuve Yukon sur toute sa longueur jusqu’à la mer de Béring. En cours de route, Schwatka a cartographié le fleuve et nommé de multiples entités géographiques qui encore aujourd’hui porte le nom qu’il leur a donné.

À l’extrémité nord du lac, se trouve la centrale hydroélectrique de Whitehorse, là-même où jadis les rapides du Cheval-Blanc rugissaient.

Centrale hydroélectrique de Whitehorse construit par la Société d'énergie du Yukon en 1958

Une fois les rapides passés, les prospecteurs pouvaient faire leur entrée à Whitehorse qui, à l’époque, n’était qu’une ville de tentes blanches sur la rive est du fleuve – où se trouve aujourd’hui le secteur Riverdale).

En terminant, voici une photo du fleuve Yukon à l’approche de Whitehorse ainsi qu’une vue sur la ville.

Vue sur le fleuve Yukon au pied de la centrale hydroélectrique à l'approche de la ville de Whitehorse

Vue sur la ville de Whitehorse

À suivre…
France

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