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Bon voyage Lyubov Orlova! Le projet de recherche “Sur les traces d’Abraham Ulrikab” te remercie.

(English version of this post)

Bonjour à tous,

Après plus de deux ans à rouiller dans le port de Saint-Jean (Terre-Neuve), le navire de croisière russe Lyubov Orlova est maintenant en route vers sa dernière demeure: la République Dominicaine, où il sera démantelé. Toutefois, les chances que le navire se rende jusqu’à sa destination finale semblent bien minces. Peu de temps après avoir quitté le port de Saint-Jean, la corde qui l’attachait au remorqueur devant le tirer jusqu’aux Caraïbes s’est brisée. Le Lyubov Orlova est actuellement à la dérive sans personne à bord. Quelle triste fin pour ce navire dont plusieurs d’entre nous se souviendront comme étant celui qui nous a amenés en Arctique ou en Antarctique.

En septembre 2012, j’ai séjourné une semaine à Saint-Jean et en marchant le long du port j’ai été surprise d’y retrouver le Lyubov Orlova dans un état pitoyable. J’avais oublié qu’il était toujours là après avoir été saisi par les autorités canadiennes en 2010, son propriétaire devant plus de $ 250,000 à Cruise North et plus de $300,000 aux membres de l’équipage russe qui n’avaient pas reçu leurs salaires depuis plusieurs mois.

The Lyubov Orlova in St. John's harbour. Sept 2012.

Lyubov Orlova dans le port de Saint-Jean. Sept 2012.

Lyubov Orlova dans le port de Saint-Jean. Sept 2012. Désolant de constater son état pitoyable.

Lyubov Orlova dans le port de Saint-Jean. Sept 2012. Désolant de constater son état pitoyable.

La rouille s'empare du Lyubov Orlova. Sept 2012.

La rouille s’empare du Lyubov Orlova. Sept 2012.

Pour moi, le Lyubov Orlova a joué un plus grand rôle que celui d’être simplement le navire qui m’a permis de longer les côtes du Labrador et du Nunatsiavut lors de mes vacances de l’été 2009. C’est à bord de ce navire que j’ai rencontré les personnes qui ont porté à mon attention l’histoire d’Abraham Ulrikab, cet Inuk du Labrador qui, avec sept autres personnes, a été exhibé dans divers zoos européens en 1880. Aujourd’hui, élucider les mystères entourant les événements qui se sont déroulés à Paris, où cinq des huit Inuits sont morts, est devenu mon activité principale. Est-ce une coïncidence que la vie du Lyubov Orlova se termine alors que celle du projet Sur les traces d’Abraham Ulrikab est sur le point de décoller. Plus à ce sujet dans un prochain texte.

Le départ du Lyubov Orlova pour son dernier voyage représente donc une excellente occasion de partager avec vous les événements qui ont donné naissance à ce projet de recherche.

Mais tout d’abord, permettez-moi d’indiquer les trois circonstances qui, en 2009, m’ont fait opter pour cette croisière le long de la côte du Labrador:

  1. Cruise North offrait un 2 pour 1 pour toutes ses croisières vers l’Arctique.
  2. Depuis mon tout premier voyage à Terre-Neuve en 1994 (où j’avais ramassé des brochures sur le Labrador), je rêvais de prendre le traversier qui longe de la côte du Labrador jusqu’au Nain.
  3. Dans le numéro de janvier-février 2009 du magazine Above & Beyond, la photographe Michelle Valberg avait publié un article sur le Nunatsiavut. Ses images d’Hébron et des monts Torngat m’avaient frappée et avaient confirmé mon désir d’aller découvrir ce coin de pays méconnu.

Ainsi, le 2 juillet 2009, je montais à bord du navire en compagnie de 5 amis québécois et français. Alors que le navire quittait le port de Saint-Jean, j’ai remarqué un homme avec deux appareils photo Canon autour de son cou. Il était partout sur le navire à prendre des photos. Qui pouvait-il bien être? Mon intuition me disait qu’il devait être un photographe de renom.

Hans Blohm à bord du Lyubov Orlova. July 2009.

Hans Blohm à bord du Lyubov Orlova. July 2009.

Le lendemain, lorsque je l’ai vu apparaître sur le pont avec un chapeau inuit (Pang hat) identique au mien, j’ai immédiatement su que je me devais d’aller lui parler. Il s’est avéré que cet homme était le maître-photographe Hans-Ludwig Blohm et qu’il sillonnait l’Arctique depuis plus de 30 ans. Hans et moi sommes devenus amis instantanément.

Hans Blohm et France Rivet à bord du Lyubov Orlova. À l'approche d'Hébron. Juillet 2009.

Hans Blohm et France Rivet à bord du Lyubov Orlova. À l’approche d’Hébron. Juillet 2009. Photo par Micheline Leblanc.

Alors que le bateau approchait d’Hébron, Hans m’a parlé de l’histoire d’Abraham Ulrikab tout en me recommandant fortement d’aller à la bibliothèque du navire pour consulter une copie du livre dont il avait fait don lors de l’embarquement. Le livre avait été écrit par son ami Hartmut Lutz, la version allemande avait été publiée par sa sœur et les photos de Hans prises à Hébron et au Nunatsiavut apparaissaient tant dans la version anglaise que dans la version allemande.

The Lyubov Orlova anchored in the Bay of Hebron, Labrador

The Lyubov Orlova anchored in the Bay of Hebron, Labrador

J’ai été stupéfaite par l’histoire de ces deux familles inuites qui avaient accepté d’aller en Europe. Je ne me souvenais pas avoir entendu parler de telles pratiques où l’on exhibait des êtres humains dans des zoos. Le groupe devait effectuer une tournée d’un an en Europe. Malheureusement, tous étaient décédés de la variole à peine quelques mois après avoir mis le pied en sol européen. Trois d’entre eux décédèrent en Allemagne. Les cinq autres à Paris. J’étais fascinée par cette histoire racontée par Abraham, un des exhibés, mais je ne pouvais m’empêcher de m’interroger sur ce qui pouvait bien s’être passé à Paris. Le livre était totalement muet à ce sujet, se limitant à indiquer que les Inuits avaient été admis à l’hôpital et y moururent.

À bord du navire, j’ai également rencontré Zippie Nochasak, notre guide de Parcs Canada. La famille de Zippie est originaire d’Hébron et porte le même nom que la première des Inuits à avoir trouvé la mort en Europe, Noggasak, une jeune fille de 15 ans.

À l’heure du désembarquement, Zippie croisa Hans. Soudainement, elle eu l’impression de l’avoir déjà vu quelque part. Elle courut à la bibliothèque du navire, s’empara d’une copie du livre sur l’histoire d’Abraham, jeta un coup d’oeil à la photo de la dernière page. Oui! C’était bien lui! Zippie remonta en vitesse sur le pont et alla voir Hans pour se présenter. Ayant récemment découvert le journal d’Abraham, Zippie était encore ébranlée par sa lecture. Pour elle, il était clair que les Inuits décédés en Europe étaient des membres de sa famille. Quelle chance de rencontrer une personne qui avait contribué à la publication du livre. Quant à Hans, il était tout simplement abasourdi à l’idée d’être devant une personne qui pouvait possiblement être liée aux Inuits décédés en Europe 128 ans plus tôt.

Zippie Nochasak et Hans Blohm à bord du Lyubov Orlova. Juillet 2009.

Zippie Nochasak et Hans Blohm à bord du Lyubov Orlova. Juillet 2009.

Quelques mois plus tard, alors que Zippie était à Ottawa pour un court séjour, toutes deux sommes allées rendre visite à Hans et avons échangé sur l’histoire d’Abraham. Le français étant ma langue maternelle et ayant toujours aimé faire de la recherche, fouiller dans les archives, j’ai alors promis à Zippie et à Hans que j’essayerais de découvrir ce qui s’était passé à Paris. Trois ans et un voyage à Paris plus tard, je peux maintenant confirmer qu’un fascinant nouveau chapitre sera bientôt ajouté à l’histoire.

Si ça n’avait pas été de ce mémorable voyage à bord du Lyubov Orlova, je n’aurais jamais rencontré Hans ni Zippie. Je n’aurais probablement jamais entendu parler de l’histoire d’Abraham Ulrikab et ne serait pas engagée dans la plus fascinante histoire qui m’ait été donné de rechercher.

Afin que nous puissions tous nous souvenir du Lyubov Orlova alors qu’il vivait de bien meilleurs jours, voici quelques photos prises en juillet 2009 le long des côtes de Terre-Neuve, du Labrador et du Nunatsiavut.

Lyubov Orlova dans la brume près de L'Anse-aux-Meadows. Juillet 2009.

Lyubov Orlova dans la brume près de L'Anse-aux-Meadows. Juillet 2009.

Lyubov Orlova près de Wonderstands. Juillet 2009.

Lyubov Orlova près de Wonderstands. Juillet 2009.

Lyubov Orlova ancré près de Makkovik. Juillet 2009.

Lyubov Orlova ancré près de Makkovik. Juillet 2009.

Lyubov Orlova à Makkovik. Juillet 2009.

Lyubov Orlova à Makkovik. Juillet 2009.

Lyubov Orlova à Nain. Juillet 2009.

Lyubov Orlova à Nain. Juillet 2009.

Lyubov Orlova à Nain. Juillet 2009.

Lyubov Orlova à Nain. Juillet 2009.

Lyubov Orlova dans la baie de Hébron. Juillet 2009.

Lyubov Orlova dans la baie de Hébron. Juillet 2009.

Lyubov Orlova dans le fjord Saglek. Juillet 2009.

Lyubov Orlova dans le fjord Saglek. Juillet 2009.

Lyubov Orlova dans le fjord Nachvak. Juillet 2009.

Lyubov Orlova dans le fjord Nachvak. Juillet 2009.

Bon voyage Lyubov Orlova!

Lyubov Orlova, mer du Labrador. Juillet 2009.

Lyubov Orlova, mer du Labrador. Juillet 2009.

Pour en savoir plus sur le dernier voyager du Lyubov Orlova (en anglais):

2013-01-23 Abandoned cruise ship finally leaves St. John’s
2013-01-24 Lyubov Orlova adrift off Newfoundland coast
2013-01-26 – Orlova not Transport Canada’s responsibility
2013-01-27 Tugboat for Lyubov Orlova sent back to St. John’s
2013-01-30 Drifting cruise ship moves closer to oil platform
2013-01-31 Lyubov Orlova moves further north of SeaRose platform
2013-02-02 TSB to investigate Orlova case – St. John’s Port Authority refuses to take ship back into port
2013-01-03 Lyubov Orlova adrift once again
2013-02-06 Orlova may be intercepted on the other side of the pond
2013-02-11 Ownwer asks government to help find drifting ship
2013-02-18 Lost cruise ship serves new purpose
2013-02-21 Lyubov Orlova: La pathétique dérive (qui vient d’être repéré à 2400km à l’ouest de l’Irlande)
2013-02-23 Orlova’s emergency beacon activated

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