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Le Centre d’étude nordique de Churchill et la magie de découvrir l’Arctique

Au printemps 2013, j’ai reçu un courriel de Michael Goodyear, directeur du Centre d’étude nordique de Churchill (CNSC), me demandant si j’accepterais de répondre aux questions d’un couple français qui songeait à s’inscrire au programme « Lords of the Arctic » mais avait quelques craintes par rapport au fait que tout se déroulerait en anglais. Ayant participé à ce programme en 2010, je me suis donc empressée d’entrer en contact avec Colette et Jean-Paul Monchablon, deux professeurs à la retraite d’Epernay en Champagne et « amoureux » du Canada.

Dans un premier temps, je leur ai fait part de mon expérience et de celle d’une amie, Raymonde Arsenault, qui a également séjourné au CNSC et dont les connaissances de l’anglais sont limitées.  Colette et Jean-Paul m’ont promptement répondu qu’effectivement leurs craintes étaient principalement au niveau de la compréhension orale, l’accent et la rapidité de la parole étant de gros obstacles pour eux. Ils étaient emballés par la proposition du CNSC qui leur apparaissait très différente de celles des autres offres touristiques et ils étaient d’avis que l’expérience en vaudrait la chandelle mais, il y avait toujours ce petit doute qui les hantait. Pourraient-ils vraiment tirer profit de leur séjour même si, du fait de la compréhension, ils seraient un peu en marge du groupe et de sa dynamique? Après leur avoir expliqué mon point de vue et celui de Raymonde, Colette et Jean-Paul ont décidé d’aller de l’avant et, en novembre 2013, ils se retrouvaient sur les bords de la Baie d’Hudson à Churchill. Ont-ils apprécié leur séjour? Je vous laisse tirer vos propres conclusions à partir de la note que Colette m’a envoyée à leur retour en France :

Nous sommes comblés d’avoir choisi le CNSC!! Même si nous avons eu le barrage de la langue, au moment des exposés du soir, nous avons profité de prestations extraordinaires, offertes par nul autre « tour opérator », nous avons « baigné » 7 jours durant dans l’atmosphère des ours, et de l’environnement de Churchill dans un endroit magique. Quatre à cinq personnes parlaient un peu  le Français, et Rupert Pilkington, l’instructeur, nous expliquait un peu, après les conférences!! Le chauffeur du buggy aussi, un Québécois, et une dame de Montréal qui était bénévole à faire la vaisselle, un mois durant, et ainsi profitait de quelques avantages!!! On peut dire que nous avons vu une cinquantaine d’ours (du haut, en buggy, sur le bord de la route!!) La majorité de très près, dont la mère et son petit. Pas de combat d’ours, malheureusement!!! Il a fait beau 3 jours et après, couvert et neige!! La neige était au sol dès notre arrivée!! Ce qui était très beau!! Les températures n’ont pas été très froides, sauf le dernier jour en chiens de traineau, ou nous avons emprunté des grosses parkas!! Heureusement que cela ne durait qu’un quart d’heure !!! Le centre est extraordinaire et le personnel fameux!! Nous avons connu l’atmosphère de stage scolaire, avec les 3 femmes dans la même chambre et nos 3 maris, à côté!!!  Ce fut très original, pour notre âge!!! Nous avons adoré l’hélicoptère et le buggy!!!!! Mais les visites étaient bien aussi, Parc Canada, le musée Eskimo, et marcher dans Churchill!!! Les conférences étaient facilitées par des diaporamas qui nous permettaient de suivre!! J’ai acheté le dernier livre sur les ours en anglais, j’ai fait un bon stage, en parlant un peu avec des personnes et en me faisant un peu l’oreille!! Rupert est formidable!!!! Nous avons vu beaucoup de renards roux et un renard blanc et des lagopèdes!! J’ai 7000 photos, je fais des tris, des dossiers, je prépare des albums photos sur livre, de posters!!!!! J’en ai pour un bon moment de rêve!!!!!!!!

J’étais ravie de voir que Colette et Jean-Paul étaient si emballés de leur séjour à Churchill. Curieuse d’en savoir un peu plus sur leur passion pour les régions polaires, je leur ai donc proposé de répondre à quelques questions pour notre chronique « Mordus du Grand Nord ». Colette et Jean-Paul ont accepté avec beaucoup d’enthousiasme.

Quand et comment est né votre intérêt pour l’Arctique?

Notre intérêt pour la nature et la faune sauvage a été le détonateur de nos voyages au Canada. Les rencontres et les échanges ont fait le reste!!!

1er centre d’intérêt : La faune sauvage et les « grands animaux » en forêt.

L’intérêt pour la faune sauvage et les grands animaux nous passionne et nous anime depuis des décennies. Les forêts voisines d’Epernay nous offrent le spectacle de grands animaux : chevreuils, cerfs, biches, sangliers. Depuis une quarantaine d’années, nous y prenons plaisir! Jean-Paul connait la forêt depuis son enfance et l’a sillonné avec son père. Il m’a fait découvrir ce monde! Depuis  qu’il est en retraite, Jean Paul va pendant les mois d’hiver, dans une réserve de l’office national des forêts, « capturer » des chevreuils dans des filets, pour les étudier, et aussi, participer à la recherche des petits faons au printemps.

La capture des chevreuils dan une forêt de la Champagne. (c) Colette et Jean-Paul Monchablon

La capture des chevreuils dan une forêt de la Champagne. (c) Colette et Jean-Paul Monchablon

Chevreuil dans sa boîte. (c) Colette et Jean-Paul Monchablon

Chevreuil dans sa boîte. (c) Colette et Jean-Paul Monchablon

2ème centre d’intérêt : La montagne et ses animaux.

Pendant 30 ans, nous avons fait de la randonnée en montagne, dans les Alpes où l’on voit des chamois, des bouquetins, et dans les Pyrénées où l’on voit des « isards » (nom pyrénéen du chamois), des vautours, des gypaètes, et qui est le seul massif en France à abriter encore quelques ours. Des ours de Slovénie y ont été réintroduits (sujet à polémique pour les bergers). Un jour, sur notre chemin, nous avons vu une trace d’ours brun qui nous a beaucoup « impressionnés ». On fait avec ce que l’on a!!!!

3ème centre d’intérêt : les voyages

À notre retraite (il y a bientôt 7 ans), en octobre 2008, nous sommes allés au Canada pour la première fois : un circuit de 3 semaines au Québec. Notre rêve était de voir les grands espaces et les grands animaux!! Nous rêvions de voir des orignaux, des ours noirs! Nous en avons vu dans les parcs animaliers Parc Oméga (à Montebello) et au Zoo sauvage de St-Félicien, en semi-liberté, et au centre de vacances Ferme 5 étoiles près de Tadoussac (refuge pour les blessés ou les orphelins). Pour nous, c’était extraordinaire de voir de si près ces ours, orignaux, wapitis, cerfs de Virginie, loups arctiques, bisons, rorquals sur le St-Laurent et bélugas à l’embouchure du Saguenay. Nous avons été charmés par la migration des oies des neiges, vu énormément de bernaches et découvert le mésangeai du Canada (aussi appelé geai gris)!!

Colette observant un ours polaire au Zoo sauvage de Saint-Félicien. (c) Colette et Jean-Paul Monchablon

Colette observant un ours polaire au Zoo sauvage de Saint-Félicien. (c) Colette et Jean-Paul Monchablon

Restant sur notre « faim », nous sommes retournés au Canada en octobre2010. Un mois dans l’Ouest, en Alberta et en Colombie-Britannique.  Les Rocheuses sont l’un des plus beaux spectacles de la nature : Les parcs nationaux de Banff à Jasper :  la promenade des Glaciers (Icefield Parkway), le parc Yoho, le lac Louise!!!!  C’est là qu’un ours noir a traversé l’autoroute juste devant notre voiture!!!! À Jasper, les wapitis sont dans la ville et le long des routes! La nuit, les hardes de chevreuils sont sur la route, et dans la forêt les cerfs nous regardent passer! En montant vers Stewart, les ours noirs étaient au bord des routes, des orignaux les traversaient, en liberté totale! Nous avons manqué la période des grizzlis attrapant les saumons dans les torrents ! Il restait les arêtes, les mouettes et les pygargues à tête blanche!! Nous avons vu le Salmon Glacier à Hyder, à la frontière de l’Alaska (déjà l’attrait des glaces).

Les chèvres de montagne le long de la route dans les Rocheuses. (c) Colette et Jean-Paul Monchablon.

La faune le long de la route dans les Rocheuses. (c) Colette et Jean-Paul Monchablon.

Dans le passage intérieur, de Prince Rupert à Port Hardy, en traversier, notre halte à Klemtu pour ravitailler les Premières Nations, nous a rapproché des « ours Kermode » des îles de la Reine-Charlotte. Nous avons vu un ours noir partageant les saumons morts avec les mouettes, à Ucluelet, sur l’île de Vancouver (Thorton Creek Hatchery). La coexistence entre les animaux et les hommes est fabuleuse au Canada !!!

C’est dans Le Canadien (Via Rail), entre Jasper et Toronto, que nous avons rencontré « Francis de Moncton », qui revenait de Churchill!!! Nous ignorions que des gens allaient là-bas, voir les ours polaires!! Seulement les reporters de grands magazines ou des télévisions!!

Colette et Jean-Paul Monchablon à bord de train "Le Canadien"

Colette et Jean-Paul Monchablon à bord du train “Le Canadien”

Trois années passèrent, et le contact entretenu avec notre ami de Moncton, nous donna envie d’organiser un 3ème voyage au Canada en octobre et novembre 2013. Nous avons commencé par le Nouveau-Brunswick et les provinces Maritimes, et découvert l’ histoire de l’Acadie, la baie de Fundy, l’île du Prince-Edouard, la Nouvelle-Écosse!!

Colette en compagnie de Francis. (c) Colette et Jean-Paul Monchablon

Colette en compagnie de Francis lors de leur séjour au Nouveau-Brunswick. (c) Colette et Jean-Paul Monchablon

Puis nous nous sommes envolés vers le Manitoba : Winnipeg puis le CNSC à Churchill, au nord de la forêt boréale et sa faune, dans la toundra, en bordure de la baie d’Hudson où, chaque jour, nous avons vu, se former la banquise! C’est notre ami Francis qui nous avait trouvé l’adresse du CNSC, et nous avons choisi cette occasion hors du commun, comme un « défi », pour compléter nos connaissances!! C’est ainsi que pour la première fois de notre vie, nous avons foulé le sol des régions proches du cercle polaire !!!!

Quelles ont été vos premières impressions lorsque vous êtes arrivés à Churchill?

Quand nous avons décidé d’aller à Churchill, bien sûr en premier lieu, nous voulions voir ces magnifiques animaux mythiques que sont les ours polaires! Nous avons tous vu des reportages sur eux, mais l’idée de les voir dans leur milieu naturel, d’aller dans les régions Arctiques, nous parait encore quelque chose d’irréel !!! Une sorte d’excitation nous envahit à l’approche de ce moment !!

Une première rencontre avec les ours polaires dans un parc de Winnipeg. (c) Colette et Jean-Paul Monchablon

Une première rencontre avec les ours polaires dans un parc de Winnipeg. (c) Colette et Jean-Paul Monchablon

Nous sommes restés à Winnipeg 2 jours, avant d’aller à Churchill. Nous avons visité la ville, le Musée du Manitoba. Nous avons découvert l’histoire du Manitoba, des Inuits : un monde tout à fait inconnu pour nous et qui nous passionne! Dans le musée, nous avons admiré l’extraordinaire réplique du navire « Nonsuch », qui a navigué dans la baie d’Hudson en 1668-1669 dans un premier voyage commercial pour ce qui allait devenir 2 ans plus tard, la compagnie de la Baie d’Hudson. Tout cela nous a appris sur l’histoire, liée aux ours polaires!! Cela nous a préparés à l’immersion dans ce monde inconnu!!!

Le jour « J » est arrivé!!! Nous prenons notre vol pour Churchill!! Dans le petit avion qui nous emporte vers le Nord, nous sommes un petit groupe de personnes, apparemment des touristes, au milieu « d’autochtones » qui apparemment sont des habitants de Churchill et y retournent!!! Nous avons l’impression d’être des « intrus », venus d’un autre monde!!!! Nous les regardons comme des « bêtes curieuses » à moins que ce soient nous les « bêtes curieuses ». Le paysage défile sous nos yeux : 1500 kms de terres, de rivières, de lacs déjà gelés ; plus on avance, plus la neige recouvre le sol, plus les arbres se font rares et cette immensité plate et froide nous jette dans un autre monde!!

Nous avons posé les pieds sur ce petit aérodrome enneigé!! Loin des contingences matérielles et des structures gigantesques des villes du Canada d’où nous venons!! Nous sentons qu’une aventure « hors du commun » a commencé, et nous ne sommes déjà plus tout à fait les même!!!!!!

Quels sont les plus beaux souvenirs que vous rapportez de Churchill?

1 : notre 1er ours

À peine 15 minutes après notre départ de l’aéroport, sur le chemin qui mène au CNSC, Jean-Paul, renommé pour avoir une vision périphérique développée, repère quelque chose, et dit « un ours »!! Notre chauffeur arrête le bus. Effectivement, à 20m sur le côté droit, un ours nous regarde, immobile!! Tout le monde se précipite aux fenêtres, appareils photos et caméras en main! Nous retenons notre souffle, interloqués de voir déjà cet animal magnifique! Un grand silence s’installe…… Surtout il ne faut pas perdre une seconde de cet instant magique! L’ours est tellement proche que l’on peut détailler sa morphologie, admirer sa puissance, sa souplesse, sa fourrure ! Il a l’air si gentil !! Il hume l’air….reprend sa route, longe le bus à distance respectable et bifurque à gauche devant le bus, en direction de la mer! Nous avons tous immortalisé en photos et vidéos, ces minutes d’émotion indescriptibles! Quand le bus repart, le silence fait place à l’exubérance!!

Le premier ours aperçu en route vers le CNSC à Churchill

Le premier ours aperçu en route vers le CNSC à Churchill (c) Colette et Jean-Paul Monchablon

Le CNSC, nous apparait enfin, superbe bâtiment moderne au milieu d’un site militaire! Après l’accueil et l’installation, nous visiterons les alentours pendant une heure avec Rupert Pilkington, notre instructeur, et un surveillant, tous les deux, armés!!!!!!

Une visite à pied du site du CNSC accompagné de gardes armés. (c) Colette et Jean-Paul Monchablon

Une visite à pied du site du CNSC accompagné de gardes armés. (c) Colette et Jean-Paul Monchablon

2 : le survol en hélicoptère de la Baie d’Hudson

L’un des points forts du programme « Lords of the Arctic », du CNSC fut le survol en hélicoptère de la baie d’Hudson, pendant 45 minutes!! Le lendemain de notre arrivée, nous avons assisté au spectacle de la banquise en formation et des ours, vu du ciel !!! Les paysages étaient variés et magnifiques sous le soleil : La toundra enneigée, parsemée d’arbres plus ou moins denses dans lesquels nous avons vu des orignaux. Les étendues de neige et de glace miroitantes, zébrées de monticules crées par le vent. Une mosaïque de plaques de glace tout au long du rivage : la banquise commence à se former. Des langues de sable doré et de neige se mêlent au bleu de la mer! À l’approche du rivage, nous sommes alertés, grâce à nos écouteurs, de la présence d’ours nichés dans les monticules de neige, petites taches beiges çà et là; nous avons même la chance de voir une ourse et son petit en mouvement. C’est tout simplement sublime!!!! Au total, nous aurons vus une vingtaine d’ours au cours de ce vol en hélicoptère!!!!! Ce fut intéressant d’avoir un aperçu d’ensemble de la baie, avant de sillonner cette étendue en long et en large en « buggy », pendant 2 journées fabuleuses.

Avez-vous repéré l'ourse et son petit?

Avez-vous repéré l’ourse et son petit? (c) Colette et Jean-Paul Monchablon

3 : les journées « buggy »

Nous avons passé deux journées de huit heures dans ce véhicule étonnant, tanguant dans les énormes ornières d’eau et de neige boueuse, manipulé avec brio par notre chauffeur. Le temps ensoleillé de la première journée nous donna un spectacle de premier ordre : du lever au coucher du soleil, nous eûmes droit à une dizaine d’ours, un renard arctique, des lagopèdes, un renard roux au retour… Il s’écoula à peine une demi-heure avant que l’on voir notre premier ours, dans le fossé à côté du buggy!!

Jean-Paul observant les ours polaires à bord de la plateforme extérieure d'un tundra buggy (c) Colette et Jean-Paul Monchablon.

Jean-Paul observant les ours polaires à bord de la plateforme extérieure d’un tundra buggy (c) Colette et Jean-Paul Monchablon.

Le second fut celui que l’on observa le plus longtemps, et le plus près : il avait trouvé, chose rare à cette époque de l’année, un phoque au bord de l’eau, et il dégustait les restes sanguinolents; nous ne le gênions pas du tout, il prenait tout son temps… et alternait avec de nombreuses pauses, tournant la tête et nous faisant profiter de ses étirements et contorsions dorsales, ventrales, latérales, yoga avec la salutation au soleil!

L'ours s'éloignant avec un morceau de sa proie. (c) Colette et Jean-Paul Monchablon

L’ours s’éloignant avec un morceau de sa proie. (c) Colette et Jean-Paul Monchablon

L'ours avec les traces sanguignolantes de son derniers repas sur le museau.

L’ours arborant sur le museau les traces sanguignolantes de son derniers repas. (c) Colette et Jean-Paul Monchablon

Avant de s’éloigner vers la mer, le buggy reprit son périple. Le long du rivage, un ours avançait, son image se reflétant sur l’eau. Le long du fossé, un autre ours faisait la sieste, puis se leva pour fouiller dans les algues. Au loin nous avons aperçu une femelle et son petit, lové contre elle!! Puis ce fut l’épisode du renard arctique, que le chauffeur s’est amusé à poursuivre. Mangeait-il un oiseau ou un lemming? Nous étions ravis, et ne pensions pas en voir autant et surtout si près!!!!

Le renard arctique (c) Colette et Jean-Paul Monchablon.

Le renard arctique (c) Colette et Jean-Paul Monchablon.

2ème journée buggy :

Le temps était neigeux et gris et sur la plateforme du buggy, il faisait nettement plus froid! À côté du poste d’observation, un ours somnolait et n’était pas décidé à bouger, la tête sur ses pattes, tantôt à gauche, tantôt à droite! Puis il se décida à se lever et s’éloigna nonchalamment, tandis qu’un autre ours marchait au loin! C’est alors que se produisit un moment fort : une femelle et son ourson venaient droit vers nous!!!

La femelle et son ourson (c) Colette et Jean-Paul Monchablon.

La femelle et son ourson (c) Colette et Jean-Paul Monchablon.

C’était un régal de voir le petit dans la foulée de sa mère, faire exactement les mêmes gestes! Ils longèrent carrément notre buggy et s’éloignèrent tranquillement vers un autre buggy, derrière nous! Le mimétisme entre l’ourson et la mère était saisissant! C’est là que le premier revint vers nous, se dressa à l’arrière de notre véhicule, et marcha vers l’hôtel buggy, situé à une petite distance du nôtre; il rôda autour, se dressa contre le buggy!! Il devait sentir de bonnes odeurs!! Sur le retour, nous vîmes quelques ours assoupis, un lièvre arctique bien caché dans des broussailles! Encore une journée pleine d’émotions et de moments uniques!!!

Avez-vous fait des rencontres « coup de cœur »?

La barrière de la langue a joué dans les relations avec notre groupe et aussi dans la compréhension des conférences. Il est même probable que nous ayons manqué des notions intéressantes notamment dans les débats!! Les véritables conversations n’étaient vraiment possibles qu’avec des personnes francophones.

Malgré cela, nous avons profité pleinement des richesses que nous offrait le stage par ailleurs. Il y avait plusieurs personnes francophones, avec lesquelles nous avons sympathisé, et qui nous ont bien aidé et répondu aux questions que nous leur posions pour éclaircir les sujets traités!

Jean-Paul et l'instructeur, Rupert Pilkington, devant une carte de la Baie d'Hudson (c) Colette et Jean-Paul Monchablon

Jean-Paul et l’instructeur, Rupert Pilkington, devant une carte de la Baie d’Hudson (c) Colette et Jean-Paul Monchablon

En premier, notre instructeur, Rupert, que nous sollicitions à la fin des conférences pour nous réexpliquer les notions les plus importantes, ou à tout moment du stage, quand le besoin s’en faisait sentir. Il a été vraiment d’une disponibilité extraordinaire! Le CNSC utilise des bénévoles, et l’une d’entre elles était Sylvie de Montréal. Son « hobby » à Montréal est de baguer des hiboux. Elle avait choisi d’être bénévole pendant un mois et son travail consistait à faire la vaisselle après chaque repas! Lourde tâche!! En compensation, elle avait droit aux sorties buggy, visites et chiens de traineau!! Andrew de Toronto nous a bien aidés aussi pour les traductions! Quand nous sommes allés aux chiens de traineau, alors que nous attendions notre tour, au chaud, nous avons fait la connaissance d’un couple dont la femme est une française venue au Canada pour son amour de la montagne. Elle a connu quelqu’un qui travaillait dans un parc national en Alberta. Elle est restée au Canada et ce couple aime venir à Churchill. Cela change des Rocheuses canadiennes qui selon lui, font trop « carte postale ».

À l’aéroport de Churchill, un personnage fait partie intégrante du lieu : c’est le vendeur de bijoux!! Il vient de San Francisco et a longtemps vécu à Montréal, et maintenant il s’est fixé à Churchill pour son inspiration de bijoux sur l’ours polaire! Je lui ai acheté un pendentif et une bague en argent avec des ours gravés!

Qu’avez-vous appris de votre séjour à Churchill?

Ce lieu nous a autant fascinés parce que voir les ours polaires et les observer, est quelque chose de rare et de magique tant est grand le contraste entre la puissance de ces animaux, leur allure imposante et l’aspect « humain » qu’ils dégagent dans leur comportement et attitudes, leur aspect tranquille, leur expression presque triste!

Il émane de ces immensités, une impression de pureté originelle et de mystère qui fait du bien à notre esprit!

Ours polaires caché dans la forêt boréale à Churchill (c) Colette et Jean-Paul Monchablon.

Ours polaires caché dans la forêt boréale à Churchill (c) Colette et Jean-Paul Monchablon.

L’ours polaire est devenu le symbole du réchauffement climatique et de ses conséquences. Le mot « banquise » inspire la nostalgie du monde passé, l’âge d’or des grands aventuriers qui ont découvert le pôle nord, et affronté ces milieux inhospitaliers, et la peur de l’avenir : fonte inéluctable des glaces du pôle et dégradation de l’environnement, diminution voire disparition de l’ours polaire.

Nous avons vu sur place que des efforts ont été faits pour la protection de l’ours polaire :

  • Protection des aires de mise bas au parc national Wapusk
  • Études sur le contact avec l’homme
  • Mise en place de la gestion de l’ours au Manitoba

Les conférences au CNSC nous ont apporté des références objectives sur les changements :

  • sur les modifications des dates de la fonte et la formation de la banquise
  • les conséquences sur l’alimentation (+ grande superficie de recherche, moins de phoques)
  • les conséquences sur la faune, autres nourritures d’appoint

Le concept de développement durable cherche à concilier le progrès économique et social et la préservation de l’environnement, considérant ce dernier comme un patrimoine à transmettre aux générations futures.

En France, Yann Arthus Bertrand, Nicolas Hulot et Rémy Marion ont apporté leurs constatations des impacts humains sur les modifications climatiques et ont contribué à sensibiliser les gens.

Certaines théories alimentent peur et culpabilité de l’homme, et un certain « catastrophisme »,  d’autres comme celle du scientifique Claude Allègre, qui sans nier une certaine responsabilité de l’homme,  livrent un message de confiance en l’homme et dans sa capacité de s’adapter aux changements.

À Paris au mois de mars, a eu lieu le colloque Quel avenir pour l’ours polaire? sur l’ours polaire et l’environnement arctique. Est-il , lui aussi, capable de s’adapter?

Notre séjour à Churchill nous a donné l’envie d’aller voir d’autres lieux arctiques, comme la Norvège, le Spitsberg, le Groenland, des lieux magiques où l’homme a conscience de ses limites et où la nature grandiose reprend tous ses droits!

Ours polaire dans la tempête. (c) Colette et Jean-Paul Monchablon

Ours polaire dans la tempête. (c) Colette et Jean-Paul Monchablon

Un grand merci à Colette et Jean-Paul d’avoir accepté avec tant d’enthousiasme de partager leur expérience. Si vous êtes francophone, songez à participer à un des séjours éducatifs proposés par le CNSC et avez des craintes à propos de la langue, j’espère que ces quelques notes vous seront utiles.  Je terminerai en vous faisant part des conseils que Raymonde m’avait demandé de relayer à Colette et Jean-Paul : pour tirer profit de ce voyage, ne vous fiez pas à 100% sur les ressources du CNSC pour vous instruire sur les ours polaires, les bélugas, Churchill, l’époque de la traite de la fourrure, … Faites autant de lectures possibles, prenez des notes, dressez une liste de questions avant de partir afin qu’une fois sur place vous soyez déjà en pays de connaissance, et que votre objectif soit plutôt de clarifier ce que vous avez appris. Conditionnez-vous et acceptez le fait que vous ne comprendrez pas tout ce qui sera dit dans les conférences, ni toutes les explications qui seront données durant les sorties. De plus, il est à votre avantage de mettre votre gêne de côté et d’essayer de vous intégrer au groupe, de vous faire comprendre même si vous n’êtes pas certain des bons mots à utiliser et ce, au risque de générer des situations cocasses et mémorables 😉

Au plaisir!
France Rivet

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