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La mort d’Abraham Ulrikab et des Inuits du Labrador à Paris couverte par la presse satirique de 1881

(English version of this post)

Aujourd’hui, 10 janvier 2016, date à laquelle la France commémore le premier anniversaire de la tuerie au journal satirique Charlie Hebdo, représente aussi le 135e anniversaire du décès de la jeune Maria, 13 mois, à l’hôpital Saint-Louis de Paris.

Ceux qui sont familiers avec l’histoire d’Abraham Ulrikab se rappeleront peut-être que Maria est la première des cinq Inuits à être décédée à Paris en janvier 1881. C’est donc au courant de la semaine qui vient, il y a 135 ans déjà, que les cinq derniers membres du groupe de huit Inuits du Labrador partis pour l’Europe en août 1880 sont décédés. Ces cinq personnes étaient :

  • Maria, 13 mois, fille d’Abraham et d’Ulrike, 10 janvier
  • Tigianniak, 45 ans, 11 janvier
  • Tobias, jeune homme célibataire de 20 ans, 13 janvier
  • Abraham, 35 ans, époux d’Ulrike, 13 janvier
  • Ulrike, 24 ans, épouse d’Abraham, 16 janvier
Ulrike et Maria

Ulrike et Maria, illustration du peintre Adolf Liebscher (1857-1919) publiée en novembre 1880 dans le journal illustré tchèque Svetozor.

 

Tigianniak

Tigianniak, illustration du peintre Adolf Liebscher (1857-1919) publiée en novembre 1880 dans le journal illustré tchèque Svetozor.

 

Tobias

Tobias, illustration du peintre Adolf Liebscher (1857-1919) publiée en novembre 1880 dans le journal illustré tchèque Svetozor.

 

Abraham

Abraham Ulrikab, illustration du peintre Adolf Liebscher (1857-1919) publiée en novembre 1880 dans le journal illustré tchèque Svetozor.

Récemment, je n’ai pu m’empêcher d’avoir une pensée, tant pour les Inuits que pour les dessinateurs de Charlie Hebdo, lorsque j’ai découvert deux textes traitant de la mort des Inuits dans Le Tintamarre, un hebdomadaire satirique qui, en 1881, en était à sa 40e année de publication.

Le premier texte, publié le 16 janvier 1881 se lisait comme suit :

Les Esquimaux du jardin d’Acclimatation ont fait relâche pour quelques jours.

L’administration a fait connaître par un avis qu’ils sont devenus malades.

Je parie que notre température leur a paru sue-phoquante, et qu’ils se sont enrhumés en se découvrant l’épaule

G. Rémi.

Puis, le dimanche 6 mars 1881, après que la mort des Inuits ait été confirmée publiquement, Le Tintamarre a décidé de traiter du sujet de façon plutôt originale :

Les Esquimaux du Jardin d’Acclimatation sont tous morts dernièrement, atteints de la variole noire : un des ours qu’ils avaient amenés avec eux, ressentant les premiers symptômes de cette terrible maladie, s’est noyé, avant-hier, dans le bassin du Jardin.

Le malheureux craignait, en survivant à la variole, de rester défiguré pour le restant de ses jours; c’est, dit-on, la seule raison qui l’ait poussé au suicide.

Grandgousier.

Puisse ces deux textes vous avoir fait sourire. Cent trente-cinq ans plus tard, j’ose espérer que personne ne se sente offusquer à leur lecture.

Bonne continuation à tous ceux qui suivent les pas des journalistes du Tintamarre et de Charlie Hebdo et tentent de nous soutirer des sourires.

France Rivet

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