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Le Groenland au Jardin d’acclimatation, Paris, 1877 / Greenland at the Jardin d’acclimatation, Paris, 1877

Récemment, lors d’une recherche sur le site de Gallica de la Bibliothèque nationale de France, mon attention a été attirée par une série d’illustrations publiées le 24 novembre 1877 dans Le journal Amusant. Le dessinateur, Gilbert Randon (1814-1884), avait dépeint les six Inuits recrutés par Johan Adrian Jacobsen à Jakobshavn, maintenant Ilulissat, et présentés dans plusieurs grandes villes européennes tout au long de 1877-1878. Les illustrations de Randon se voulaient être une caricature du séjour du groupe au Jardin d’acclimatation de Paris.

Recently, while searching on the French National Library’s website, Gallica, my attention was drawn to a series of illustrations published in the November 24, 1877, issue ofJournal Amusant. The artist, Gilbert Randon (1814-1884), had portrayed the six Inuit recruited by Johan Adrian Jacobsen in Jakobshavn, now Ilulissat, and exhibited in several major European cities throughout 1877-1878. Randon’s illustrations were meant to be a caricature of the group’s stay at the Jardin d’acclimatation in Paris.

Le journal amusant, 1877-11-24, Page 4
Journal Amusant, 1877-11-24, Page 5

Encore aujourd’hui, malgré que la presse de l’époque ait couvert le séjour de ce tout premier groupe d’Inuits à être exhibés dans les spectacles ethnographiques organisés par Carl Hagenbeck, trop peu est connu à leur sujet.

Still today, despite the fact that the press of the time covered the stay of this very first group of Inuit to be exhibited in Carl Hagenbeck’s ethnographic shows, too little is known about them.

Afin que ces superbes illustrations puissent être découvertes et comprises tant par leurs descendants que par toute personne s’intéressant à l’époque des “zoos humains”, voici la transcription française de la légende de chaque illustration suivie de la traduction anglaise.

Puisse nos efforts être utiles et d’intérêt. Merci!
France Rivet

So that these beautiful illustrations can be discovered and understood by their descendants as well as by anyone interested in the era of “human zoos”, here is the French transcription of each illustration’s caption followed by the English translation.

May our efforts be of use and of interest. Thank you!
France Rivet

Page 4 – Illustration #1 – Le Groenland au Jardin d’acclimatation

(Paragraphe de gauche) Quelques peaux de phoques de tant bien que mal cousues ensemble avec des boyaux de ne sais plus quoi, plus deux ou trois perches pour le toit et le faîtage, voilà ce qui constitue l’habitation des quatre mois d’été au Groenland… S’il est vrai que l’homme le plus riche est celui qui a le moins de besoins, il faut reconnaître que, sous ce rapport, toute la tribu des Rothschild réunis ne ferait jamais qu’une collection de panés en comparaison du plus modeste des habitants de ces contrées bénies du ciel.

(Paragraph on the left) Some seal skins sown together as best they could with guts of I do not remember what, plus two or three perches for the roof and the ridge, this is what constitutes the dwelling in Greenland during the four summer months… If it is true that the richest man is the one who has the least needs, it must be admitted that, in this respect, the entire Rothschilds tribe reunited would never be more than a collection of panés[?] in comparison with the most modest of inhabitants of these heaven-blessed regions.

(Paragraphe de droite) Quant à l’habitation d’hiver, c’est un peu plus recherché, comme on le voit, mais si l’on veut bien réfléchir qu’il faut quelquefois passer là-dedans, sous dix pieds, vingt pieds de neige, par des froids de 40 à 50 degrés, plusieurs mois entiers sans sortir, on comprendra que, malgré sa simplicité native, l’Esquimau, qui, après tout, tient à vivre, sacrifie quelque peu aux douceurs du confortable.

(Paragraph on the right) As for the winter dwelling, it is a little more sought after, as we see, but if one wants to think carefully that it is sometimes necessary to go in there, under ten feet, twenty feet of snow, by colds of 40 to 50 degrees, several whole months without going out, it will be understood that, in spite of its native simplicity, the Eskimo, who, after all, wants to live, sacrifices somewhat to the sweetness of comfort.

Page 4 – Illustration #2 – Tableau de la troupe / Chart of the group

M.— OKABAK (Caspar-Michaël), trente-six ans, jeune premier rôle, fort jeune premier.
KAJAGA (Henry-Johannès), vingt-huit ans, jeune premier, premier amoureux.
KOKKIK (Hans-Huahsen), quarante et un ans, père noble, premier rôle marqué.
Mmmes — OKABAK (Magag-Julianne-Margaritha), vingt-trois ans, premier rôle en tous genres, grande coquette.
OKABAK (Anna), deux ans, première amoureuse, ingénuité.
OKABAK (Margaritha), amoureuse, ingénuité.
Chiens. — Phoques. — Ours blancs. — Utilités.

Mr. OKABAK (Caspar-Michaël), thirty-six years old, young leading role, very young leading role.
KAJAGA (Henry-Johannès), twenty-eight years old, young leading role, first love.
KOKKIK (Hans-Huahsen), forty-one years old, noble father, noticeable leading role.
Mrs. OKABAK (Magag-Julianne-Margaritha), twenty-three years old, leading role of all kinds, coquette.
OKABAK (Anna), two years old, loving, ingenuity.
OKABAK (Margaritha), loving, ingenuity.
Dogs. – Seals. – Polar bears. – Utilities

Page 5 – Illustration #1

Un peu basse, peut-être, de plafond, l’entrée de la demeure des Esquimaux; Mais quand on y est, on ne regrette pas sa peine ni son chapeau bossué; et pour ceux qui n’ont pas vu les casemates de nos remparts pendant le siège de Paris, voilà de quoi s’en faire une idée : même obscurité, même atmosphère écœurante et étouffée… Ah! Dam, quand on est obligé de vivre en guerre avec une nature féroce et de recevoir des ours blancs en guise de projectiles, on ne peut pas songer à faire son nid comme dans un entresol de la rue Saint-Georges.

A little low, perhaps, the ceiling of the entrance to the Eskimos’ house; But once inside, one does not regret his pain or his top hat; and for those who have not seen the casemates of our ramparts during the siege of Paris [1870-71], this is enough to get an idea: the same darkness, the same disgusting and muffled atmosphere… Ah! Damn, when one is obliged to live in war with a fierce nature and to receive polar bears as projectiles, one cannot think of making one’s nest like in an entresol on Saint-Georges Street.

Page 5 – Illustration #2

C’est par des dégelées de coups de fouet que cet intelligent sportsman supplée pour le quart d’heure à la gelée absente, afin que les bourgeois parisiens puissent se faire – quand même – une idée de ce qu’est un attelage du high-life au Groenland.

In the absence of frost, it is with a shower of whiplashes that this intelligent sportsman fills the fifteen minutes, so that the Parisian bourgeois can get – anyway – an idea of what is a dog team in Greenland’s highlife.

Page 5 – Illustration #3

En croirai-je mes yeux!… monsieur n’aime pas l’huile de baleine

Should I believe my eyes!… the gentleman does not like whale oil!

Page 5 – Illustration #4

Ah! Seigneur public, tu veux du nouveau, du pittoresque, de l’émouvant, de l’excentrique; eh bien, si tu n’as jamais vu de troupeaux conduits par une bergère comme on en voit peu, en voici un comme on n’en voit guère… Et dire que c’est pour toi, pour toi seul, gros chéri! Que tout cela, bêtes et gens, est descendu des extrêmes régions hyperboréennes!

Ah! Public Lord, you want something new, picturesque, moving, eccentric; Well, if you have never seen herds driven by a shepherdess as we see rarely, here is one as we do never see it… And all this is for you, for you alone, big darling! All this, beasts and people, came down from extreme hyperborean regions!

Page 5 – Illustration #5

Encore un mode de locomotion à l’étude au Jardin d’acclimatation, où les promenades à dos de phoque seront une des attractions de la saison.

Another mode of locomotion under study at the Jardin d’acclimatation, where rides on the back of a seal will be one of the attractions of the season.

Page 5 – Illustration #6

Il paraît que c’est nous autres chiens qui avons le plus grand succès de curiosité…
Oui, avec le traîneau et les coups de fouet.

Malheur! C’est tout de même vrai, j’y pense.
Que les chiens n’ont pas de bonheur.

It seems that we, the dogs, have the greatest success of curiosity…
Yes, with the sled and the whiplashes.

Good Grief! It’s true, when I think about it.
Dogs do not have happiness.

Page 5 – Illustration #7

Pardon, monsieur le dessinateur, ne pensez-vous pas qu’il serait bon de laisser quelque chose en réserve, pour surprises au public, comme par exemple notre attaque d’une pirogue sur le lac, l’assaut d’une hutte et notre combat corps à corps avec les Esquimaux, qui sont dévorés, naturellement?

Excuse me, Mr. Illustrator, do not you think it would be good to leave something in reserve, for surprises to the public, such as our attack on a kayak on the lake, the assault of a hut and our hand-to-hand combat with the Eskimos, who are devoured, naturally?

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